Jeudi 28 février 2008
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Pour la première fois depuis des décennies, le conseil général d'Indre-et-Loire pourrait bien basculer à gauche, et se donner une femme pour président, en la personne de Claude Roiron. Un tel
basculement serait le couronnement de plus de 10 ans de progression d'une gauche, qui en 1997 encore, ne détenait qu'une demi-douzaine de sièges sur 37. Il y a peu, le CG était encore un cénacle
de notables conservateurs, faisant office de guichet à subventions. Aujourd'hui, le départment doit assumer de nouvelles missions. Il ne peut échapper aux enjeux politiques et faire l'économie
d'un vrai projet, comme l'a compris la gauche. Face à l'équipe offensive emmenée par Claude Roiron, la droite, qui ne compte qu'un siège d'avance, semble sur la défensive et multiplie les
attaques. Revue de détail des 18 cantons:
Cinq cantons qui devraient rester à droite:
Deux cantons ruraux où le sortant est hors d'atteinte:
-Descartes: Gérard Dubois (div.d) sera selon toute vraissemblance réélu le 9 mars face à la candidate unique de la gauche, la communiste Patricia Daubail,
dans un canton où il avait obtenu plus des deux tiers des voix en 2001.
-Loches: Pierre Louault (nouveau centre) peut compter sur une victoire au premier tour à Loches, où la droite totalisait plus de 70% en
2001.
Trois cantons urbains sociologiquement ancrés à droite
-Tours centre: La gauche a progressé de manière spectaculaire dans ce canton bourgeois en voie de boboïsation accélérée, bastion historique de
la droite. Pas au point, toutefois, d'inquiéter le sortant ultra-libéral, l'UMP Serge Barbary.
-Saint Cyr sur Loire: Philippe Briand tient bien son fief, et la gauche ne peut espérer mieux que faire un score honorable face au sortant Nouveau Centre Jean-Yves Couteau.
-Saint Avertin: Le sortant UMP Jean-Gérard Paumier a de bonnes chances de conserver son siège à Saint Avertin, où le revenu par habitant est le plus élevé de
l'agglomération.
Deux cantons qui devraient rester à gauche:
-Saint Pierre des Corps: Dans la cité cheminote, le seul enjeu est de savoir si la communiste Martine Belnoue retrouvera son siège au premier ou au
second tour. Il faudra tout de même surveiller le score du jeune candidat socialiste.
-Tours Val du Cher: La majorité départmentale a choisi d'envoyer ici le jeune loup d'extrême droite Guillaume Peltier se faire écrabouiller
par le sortant socialiste Gérard Gernot, mais l'UMP lui oppose un candidat Nouveau Centre. Pas de quoi arranger les affaires de la droite dont les chances étaient déjà infimes dans un canton où
le PS avait failli s'imposer dés le premier tour en 2001.
Quatre cantons qui peuvent basculer à droite:
-Vouvray: Ce canton viticole et périurbain plutôt conservateur avait choisi de justesse le socialiste Bernard Mariotte en 2001. Ce dernier devrait retrouver
son siège face au maire de Parçay-Melsay en cas de dynamique nationale favorable à la gauche. Sinon...
-Chambray: Le rapport de force est habituellement légèrement favorable à la droite dans l'ancien fief de James Bordas. Le sortant div.g Jean-Claude Landré a néanmoins de
bons espoirs, grâce à son implantation et aux erreurs stratégiques de ses adversaires de droite. Comme leurs prédécesseurs de 2001, ces derniers négligent la moitié rurale du canton, alors que
leur assise sur Chambray ville n'est pas aussi solide qu'ils le croient.
-Amboise: Duel très attendu entre le candidat unique de la gauche, Christian Guyon (div.g), qui avait triomphé en 2001, et la député Claude Greff.
-Preuilly-sur-Claise: L'indéboulonable Yves Maveyraud n'est plus tout à fait certain de conserver son siège. Une petite révolution dans ce bastion socialiste où la
droite a beaucoup progressé. Mais le doyen de la gauche départmentale n'a pas encore genou à terre.
Sept cantons qui peuvent basculer à gauche
-Chinon: Le novelliste Pierre Hervoil l'avait emporté d'extrême justesse en 2001 dans ce canton très ancré à gauche, alors que son adversaire semblait disposer de
réserves de voix beaucoup plus importantes. Si la gauche sait se rassembler, il devrait avoir peu de chances de conserver son siège. Du moins en théorie, car les poids lourds du PS local ont
finalement fait défaction. Il faudra surveiller les scores communistes et Verts dans ce canton sensible aux idées anti-libérales.
-Joué-les-Tours nord: L'UMP et la majorité départementale ont choisi d'offrir ce canton à la gauche. L'élu chevénementiste Francis Gérard s'est rabiboché avec le
PS, et pour la première fois depuis 20 ans, il partira derrière la candidate socialiste. La droite, elle, se divise, puisque l'UMP a investi un candidat contre René Bouissou, sortant Modem
soutenu par la majorité départmentale, qui n'a plus guère de chances de garder ce canton où le rapport de force est équilibré.
-Ballan-Miré: Bataille incertaine entre le sortant UMP Michel Lezeau, qui conserve une certaine implantation sur Ballan et en zone rurale, et le maire de La Riche Alain
Michel.
-Château-Renault: Le sortant de droite ne se représente pas, et la candidat d'union de la gauche, Michel Cosnier, compte bien en profiter pour faire basculer ce
canton ouvrier et protestataire. Avec de sérieuses chances de succès.
-Langeais: Réélu au premier tour en 2001, le sortant de droite est aujourd'hui bien fatigué, et aura fort à faire pour conserver son siège face à son adversaire
div.g.
-Sainte Maure: Il n'est pas dit que les électeurs de canton ancré à droite permettent au sortant UMP Jean-Savoie (84 ans), déjà fragilisé en 2001, de fêter son 90
eme anniversaire au conseil général. Le maire socialistes du chef-lieu nourrit de vrais espoirs.
-Neuilé-Pont-Pierre: Réélu avec un score étriqué en 2001, le suppléant (Nouveau Centre) de Philippe Briand devra batailler ferme pour conserver son siège.
BILAN: Douze sièges acquis à la gauche en 2001, plus deux qui ne devraient pas lui échapper cette année: quatorze sièges sont à peu près garantis à la gauche. La droite, de son
côté, ajoutera au moins cinq sièges aux sept conservés en 2001, ce qui fait douze. Et parmi les cantons disputés, la gauche peut espérer sept gains au maximum, contre seulement quatre pour
la droite dans le meilleur des cas. La gauche part donc avec un indéniable avantage, surtout si la dynamique nationale lui est favorable. Mais rien n'est joué,et elle devra se mobiliser et
ne pas crier victoire trop tôt pour espérer faire basculer le département.